Courses officielles, Running

Semi pluvieux, semi (pas) heureux

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Il m’aura fallu quelques jours pour digérer la contrariété. Pourtant, j’ai couru ce semi en me disant c’est « sans pression ». Tu parles, Charles. La pression et moi, ça fait longtemps qu’on co-habite. Elle est un peu ma sœur ennemie, celle qui me permet de toujours aller plus loin, mais aussi celle qui vient me chuchoter au creux de l’oreille que de toute manière je n’y arriverais pas.

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Ce dimanche 5 mars, elle est venue, telle un petit diablotin, me dire que je n’aurais jamais assez d’énergie pour continuer. J’ai mis la musique plus fort, elle s’en est prise à mes entrailles. Car, j’étais bien partie, malgré la rafale de grêle en sortant du métro, les pieds trempés 5 min après. Il y avait de la gadoue – j’adore ça la gadoue ! – mon père faisait des blagues nulles, on était tout sourire.
Malgré le peu d’entraînement je me voulais confiante, j’avais envie de croire en mes capacités à finir un semi en 2h. Mais ce n’est pas en deux sorties de 12/15 km qu’on règle ce type d’endurance …

Les premiers kilomètres passent comme une lettre à la poste, le cheveu qui dégouline, le sourire aux lèvres, je fais la belle et j’avale les bornes, à un bon rythme. Je n’arrête pas de dire à mon père qu’on a l’allure parfaite, que c’est bon, ça va le faire. Trop confiante.

Le dixième kilomètre arrive, et le petit creux aussi. J’ai eu du mal à manger la veille, le matin même je n’ai pas réussi à avaler un bout de banane et je n’ai croqué qu’un petit bout de pâte de fruit. Qui manifestement ne veux pas passer. On boit, au passage on s’arrose (un peu plus ou un peu moins d’eau, est-ce vraiment la peine d’en faire une histoire ?). Rien n’a faire, à 12,86 km j’ai la gerbe. La vraie. Celle qui vous prend au corps, vous fait devenir blanche.

Les premiers kilomètres qui suivent, je me persuade que ça va passer. Je me remotive à coup de basses dans les oreilles. Je vois mon allure en chute libre. Mon père qui me fait signe. Rien à faire. Je ferme les yeux, et je dis à mon corps de continuer.
Et à ma sœur-ennemie de me dire que j’ai voulu y croire mais que je ne suis pas superman, que je ferais mieux d’abandonner, toute manière qui s’en fout. J’ai envie de craquer, j’ai envie de pleurer.

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Big up à la meuf qui montre ses seins pendant que je tente un sourire

Quand je vais au-delà de mes limites, de ma zone de confort, j’ai toujours cette voix qui me murmure que je vais me casser la gueule, que c’est pas avec mon corps en miette que je vais faire des étincelles. S’en suit un dialogue intérieur où je mets en parallèle mes réussites et mes échecs.
Pendant ce temps mes jambes continuent le mouvement, mais je ne leur accorde pas toute l’importance voulue, et l’allure baisse fatalement.
Au kilomètre 18, mon père essaie de m’encourager, de me pousser encore un peu. Je lui dis « Je veux juste finir ce putain de semi et gerber » et je resserre la mâchoire.

Ligne d’arrivée, ligne de délivrance, j’accélère pour pouvoir m’écrouler après 2h05 d’effort.

 

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La photo de finisher avec le mascara qui coule. On est bien

Avec du recul, je sais que de multiples facteurs sont rentrés en compte dans ma non-performance. J’en ai surement la capacité, mais je n’avais pas l’entraînement suffisant. Mon corps souffre aussi beaucoup trop de mes émotions (Mango&Salt en parle d’ailleurs très bien ici). Mais au final, ce n’est pas grave, des semis j’en aurais d’autres, et surtout j’ai tiré deux avantages de ce semi :
– J’y ai vu le plus bel exploit qui m’a été donné, grâce à un jeune homme avec une orthèse pour remplacer un de ces pieds. Sa persévérance était bluffante.
– Je n’ai pas eu de douleurs à la hanche. Des muscles un peu raides, mais pas de douleurs. Un exploit !

Alors comme le disait notre cher Nelson (Mandela, pas Monfort) « Je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends ».

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