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Dalmatie du Nord : Zadar et Paklenica

Après avoir couru à Split, y avoir mangé les meilleurs bureks, après avoir gravi le Mont Marjan, et après avoir rêvé de se baigner dans les eaux turquoise de Plitvice, nous avons posé nos sacs à Zadar.

Cinquième ville croate, elle accueille près de 150 000 touristes chaque année. Tour à tour sous la domination romaine, byzantine, vénitienne, autrichienne puis yougoslave (avant l’indépendance de la Croatie en 1991), elle garde des traces historiques importantes de son passé mouvementé malgré d’importantes destructions en 1944.

Pour autant, toute la beauté architecturale de Zadar se situe principalement sur l’avancée terrestre délimitée par le parc Perivoj. Le reste de la ville est plus commun, sinon aux airs de banlieues françaises, avec de grands immeubles rectangulaires, où le pratique domine l’esthétique. Pour autant, logeant plus dans les terres (bien que toujours dans la ville), il nous a fallu traverser plusieurs fois ces dédales de rues et ruelles, qui prenaient parfois l’aspect de village ou de banlieue pavillonnaire. Un charme brut, avec toujours cette même douceur de vivre qui s’en dégagent, propre aux pays méditerranéens.

L’hospitalité est aussi particulière aux méditerranéens ! Nous en avons eu l’exemple avec notre chambre chez l’habitant, où nous avons été bien reçues malgré notre arrivée tardive (et il en fut de même pour d’autres locataires), et le manque de compréhension. En effet, la communication fut difficile avec nos accents respectifs en anglais ; cela nous aura valu quelques fous rires avec ma sœur.

C’est donc après un périple à pied à travers Zadar que nous avons découvert la vieille ville et ses monuments en plein jour (notre passage la veille au soir pour manger fut assez rapide). Nous avons longés les quais jusqu’à arriver à l’Orgue Marin, avant de rentrer dans la vieille ville.

Construit en 2005, l’Orgue Marin surprend par sa forme ; semblable à de simples escaliers menant à la mer, les marches sont en fait façonnées par des centaines d’encoches. C’est de ses dernières que la musique marine ressort, rythmée par les va-et-vient des vagues. Les sonorités sont tout autant étonnantes que paisibles. J’ai voulu faire l’expérience d’écouter l’orgue depuis la mer, en me laissant flotter tout près … L’effet est beau et terrifiant à la fois ! On croirait entendre une complainte des profondeurs de la mer, un son grave et lent que l’on pourrait écouter indéfiniment.

L’Orgue Marin reste incontestablement une de mes expériences préférées en Croatie. C’est la touche de modernité entre parcs naturels et vestiges architecturaux.

Tout aussi moderne et en lien avec la nature, sur la rive Istarska Obala, le « Salut au soleil » côtoie l’Orgue Marin. Disque composée de dalles en verre de 22 mètres de diamètres, aussi bleu que la mer, c’est en réalité un ensemble de modules photovoltaïques emmagasinant l’énergie solaire pour alimenter le réseau de distribution électrique de la ville ! A la nuit tombée, paraît-il qu’un jeu de lumières y est programmé selon la mélodie de l’Orgue Marin. Une belle alliance entre énergie verte, attraction touristique et esthétisme.

En continuant notre balade le long des quais contournant les remparts, nous arrivons à un mélange de vestiges archéologiques, jardin, marchands de souvenirs touristiques et église. Il s’agit en fait de la place de l’église Saint-Donat et de vestiges datant de l’invasion romaine. Cette mixité d’architecture est très représentative de la Dalmatie. Zadar, tout comme Split, a vécu différents empires qui ont tous laissés leurs marques.

La richesse culturelle qui en ressort est fascinante ! Pour autant, contrairement à Split, j’ai trouvé le cœur historique de Zadar bien plus petit. Il est très vite confronté aux ruelles marchandes aménagées pour le touriste, comme j’ai souvent pu le voir sur ma Côte d’Azur chérie. De même, à la sortie de la presqu’île, se dressent de grands immeubles à l’architecture dont le charme diminue au fil des pas. Le tourisme de masse provoque souvent une urbanisation anarchique et une banalisation de l’architecture qui fait perdre de la richesse culturelle.


Pour autant, la richesse naturelle est très bien conservée en Croatie, avec de nombreux nationaux. Paklenica fait partie de ces derniers. Non loin de Zadar, à 1h de bus et 30 min à pied jusqu’à l’entrée du parc, il se situe dans la montagne du Velebit. Point de chute attendu de tous grimpeurs avérés, les formations karstiques du parc s’apprécient aussi avec de simple chaussures de marche aux pieds.

Entre fraîcheur dans le creux des canyons, et chaleur brûlante à flanc de falaises, les randonnées possibles y sont variées ; de deux heures jusqu’à plusieurs jours ! N’ayant qu’une petite journée pour s’attaquer aux sentiers, et ma sœur n’étant pas une habituée de la randonnée, nous avons tenté un parcours avec point de vue, grotte et décrit comme accessible.

Nous devions faire une boucle, partant de Velika Paklenica, puis Anica Kuk jusqu’à la grotte de Manita Pec, après laquelle nous aurions continué en suivant un sentier qui aurait rejoint Velika Paklenica. L’usage du conditionnel reste pourtant de rigueur. Les températures avoisinant les 30°C (à l’ombre) auront eu raison de nous et surtout de nos réserves d’eau en très peu de temps. Les sentiers en éboulis, propre aux régions karstiques, sont épuisants et ce type d’environnement reflète la chaleur. Devant la déshydratation et fatigue de ma sœur, j’ai dû me résigner à la laisser se reposer à l’ombre avec l’eau restante. J’ai continué mon ascension (en courant) jusqu’à la grotte de Manita Pec, espérant y trouver de l’eau. Résultat : un point de vue magnifique mais pas une goutte à l’horizon.


Voulant continuer sur le chemin prévu après la grotte, je me suis engagée dans ledit sentier, et me suis retrouvée face … à un mur d’un côté, un ravin de l’autre. Pas le temps de tergiverser, je repars en courant dans l’autre sens, pour descendre jusqu’à ma sœur puis jusqu’au point d’eau 3 kilomètre plus bas. Course effrénée en descente dans des éboulis sous 30°C minimum, sans eau ; le challenge est réel, le plaisir aussi.


Une fois la première bouteille remplie, je reprends ma course en sens inverse pour retrouver ma sœur qui a repris tout doucement le chemin du canyon derrière moi. L’heure déjà bien avancée, nous prenons enfin notre pause pour un sandwich bien méritée, avant de redescendre doucement  jusqu’au bord de mer pour un repos mérité.

Paklenica et ses péripéties resteront dans nos mémoires. Sa beauté aussi. Le parc signera aussi notre dernier vagabondage en Croatie. Le retour à Zadar se fera tard le soir même, avec un retour prévu pour Split et son aéroport dès le lendemain.

Une dernière plage, un dernier bain de soleil, et le retour des vagabondages entre bus, avion et métro, de Split à Milan et de Milan à Nice. Fermeture d’une parenthèse dorée, bleue et verte.

Un nouvel exemple de (par)cours du monde.

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