Courses officielles, Running

Retour sur le Triathlon Natur’Sprint

Le week-end dernier, j’ai participé à mon premier triathlon. Inscrite depuis des mois, j’enchaînais les entraînements #SwimBikeRun juste pour le plaisir et sans plan particulier. C’est le cadre naturel du Natureman Triathlon qui m’a décidé à me lancer dans ce nouveau sport. J’ai choisi un format sprint soit :

  • 700 m de natation
  • 25 km à vélo
  • 5 km en course à pied

Imaginez : les Gorges du Verdon et le lac de Sainte-Croix avec une eau limpide d’un bleu azur, entourée de collines à la végétation provençale. Un immense soleil d’automne, et de longues routes en lacets. Un cadre idyllique pour une initiation. Et quelle initiation !

Avant la course

Vendredi, début d’après-midi. Je sais pertinemment que j’ai un triathlon demain, mais rien n’est prêt. Je viens d’emménager la veille dans l’arrière-pays niçois, j’ai un million de choses à faire, et mon sac pour le triathlon peut bien attendre ce soir. Ou comment vivre dans le déni. Parce que, dans le fond, une nouvelle épreuve, ça reste toujours un peu stressant.

Puis, un appel et l’adrénaline est libérée ; un ami qui participe au Natureman aussi, est bloqué à la gare d’Aix-en-Provence. Ni une, ni deux, je commence mon sac, dans le désordre et la panique. J’essaie de ne rien oublier (oups le vélo !), je m’organise au téléphone en même temps. C’est l’ébullition avant l’heure. Mais pas pour ma voiture, qui elle, décide de ne pas démarrer.

Une heure plus tard, nous voici sur la route. Milles bouchons et un coucher de soleil plus tard, nous nous retrouvons enfin dans les Gorges du Verdon. Tout est rentré dans l’ordre. Je rentre dans ma bulle, et commence à me répéter mentalement toutes les étapes à suivre : nager, regarder devant soi pour ne pas trop zigzaguer, sortir, repérer son vélo, fermer son casque, etc …

Jour J : mon premier triathlon

Samedi, 7h. Je suis fébrile. Pas de l’excitation, mais à cause d’une angine qui implose au fond de ma gorge. Qu’importe, mes parents venus pour m’encourager m’apportent les médicaments nécessaires. Je suis seule au milieu de l’agitation, je ne sais pas où poser mes affaires, ni dans quel sens mettre mon vélo. J’observe, je reproduis. Un sourire au photographe et il est temps de regagner la plage pour le départ.

 

triathlon-natureman-transition

10h50. Je suis dans un état de concentration maximum. Je fais partie des rares sans combinaison, je me rassure en me disant que j’ai déjà nagé dans une eau plus froide. Puis la cohue, la zone de départ est changée, mais la moitié des triathlètes seulement suivent les indications : je finis par me retrouver au milieu ! Moi qui voulait partir sur le côté pour éviter les coups, je me retrouve désemparée.

triathlon-natureman-natation

11h05. Top départ, on « court » dans l’eau. Le froid me saisit, ma poitrine s’oppresse. Je peine à respirer, je me prends un coup, puis deux. Je m’arrête ; cette panique je l’attendais. Je me raisonne et commence à nager en brasse, tête hors de l’eau, jusqu’à avoir assez d’espace pour allonger les bras devant moi. Je zigzague un peu, mais globalement je suis bien malgré le froid qui m’engourdit.

11h26. Je sors de l’eau, mes jambes ont du mal à répondre, elles sont gelées. Je tente de courir, je ne m’arrête pas. Je suis dans un état second, centrée sur mes seuls objectifs. Je galère clairement, je n’arrive pas à me décider si je dois m’asseoir ou pas pour enfiler mes baskets, mais tout se passe finalement bien (pour le moment). J’enfourche mon vélo et je fonce telle une fusée : le vélo, c’est mon atout. Parce qu’il est pas beau mon vélo, il a pas la gueule racé des autres, mais moi j’sais le faire foncer 😉

11h59. Je viens de monter la partie la plus difficile du parcours vélo : une dizaine de kilomètres à 500D+ . De la montée, de la montée et de la montée. J’ai doublé un tas de monde, et surtout j’ai adoré ! A l’instant, je pense juste à quel point j’aime le vélo, le soleil, le sud, les paysages de ce parcours. On passe le joli village des Aiguines. Je croise Yoann, mon ami photographe, je le salue, et continue sur ma lancée.

triathlon-natureman-velo

Et d’un coup le drame …

12h02. Je change de vitesse pour mettre plus de puissance dans mes coups de pédales, et là c’est le drame. Littéralement ! Je sens que mon dérailleur dysfonctionne, je tente un changement de vitesse pour raccrocher. Rien n’y fait, je dois m’arrêter pour regarder. Une partie de la patte du dérailleur me tombe dans la main. C’est foutu. A l’instant, il ne me reste que deux options : retourner sur mes pas, vers les arbitres et abandonner, ou pousser mon vélo en courant.

12h18. Je cours à côté de mon vélo depuis une quinzaine de minute. Enfin, courir, c’est un grand mot. Il y a des faux plats et des petites montées dans lesquelles mes jambes sont incapables de répondre avec le poids supplémentaire du vélo. J’attends la descente avec une impatience folle. Je me vois déjà foncé en utilisant que les freins : dangereux mais salvateur.

C’est à ce moment que je croise mon ange gardien : un couple de supporter en camping-car tente de m’aider, et dans un coup de folie/bienveillance/solidarité, la femme me propose de me prêter son vélo. J’ai à peine donné mon accord (au risque de me faire disqualifier) que le mari est déjà en train de recoller mon gel à la barre du nouveau vélo, changer la gourde et l’étiquette-dossard.

Le vélo est bien trop petit, l’assistance est interdite, mais à l’instant, je ne désire qu’une chose : finir ce triathlon !

12h35. Je file comme une fusée dans les descentes avec l’impression d’être sur un BMX. Je ne comprends rien aux vitesses, je pédale aux sensations, et je hurle de bonheur.

12h45. J’arrive enfin au parc à vélo. Je descends tout juste avant la ligne, je cours comme une malade pour poser mon vélo. C’est presque si je ne jette pas mon casque. J’oublie de boire, et je me lance comme une dératée dans les 5 derniers kilomètres en course à pied. A peine remontée sur la seule partie goudron du parcours, je croise Fanny. Un check et ça repart. Je suis galvanisée par tous les coureurs que je remonte. Les chemins sont mon terrain de jeu, je n’ai pas peur des cailloux qui roulent et des racines qui te font des croches pieds.

13h07. Après une plage de galets (!!), je me retrouve face à une montée coupe-jambes qui slalome entre les arbres et se finit sur quelques marches en bois. J’ai envie de m’arrêter, mais je vois une petite dame qui me dépasse et continue à courir fraîche comme la rose et décide de la suivre. J’entends un « Allez Cam », je relève la tête et je vois mon ami en haut. Je lui dis entre deux respirations « vélo cassé » pour expliquer mon retard. Il m’indique qu’il ne reste qu’un virage avant l’arrivée dans le village. L’adrénaline est à son comble, mon souffle court, mais je donne absolument toute l’énergie qui me reste.

Enfin l’arrivée du Natureman !

13h10. Le tapis lavande déroule sous mes pieds, la ligne d’arrivée est juste là. Yoann de l’autre côté de l’arche me hurle sa présence. Je vois le chrono qui correspond à ce que je m’étais fixée après mes problèmes de vélo. Je veux pleurer de bonheur, je lève les bras en signe de victoire, et je passe cette foutue ligne d’arrivée. J’entends dans ma tête : tu es triathlète, tu as fait un triathlon.

triathlon-natureman-arrivee

On essaie de me parler, mais je suis complètement dans les nuages. Je n’ai plus de force, mais un sourire jusqu’aux oreilles (du  moins, dans mon esprit).

J’aurais beaucoup de mal à récupérer,  la poussée d’adrénaline m’aura été fatale (dixit la chaussette assise sur le bord du trottoir, incapable d’aligner deux mots), mais je serais fière … avec une seule envie : raccrocher un nouveau dossard triathlon dès que possible !

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Crédits photos 1/2/3 : Yoann Rochette (Instagram/ // facebook)

8 réflexions au sujet de “Retour sur le Triathlon Natur’Sprint”

  1. Wahoo! Bravo tu peux être fière de toi. J’imagine la sensation à l’arrivée 😊 maintenant objectif marathon 😊
    Belle soirée

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  2. J’ai adoréééééé ce compte-rendu, j’ai été transporté, félicitation ! Pour moi, le premier triathlon, c’est au printemps prochain, de quoi rester motivé tout l’hiver !
    Psst, d’ou vient ton ensemble de sport il est trop beau !?

    A bientot !

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    1. Merci Camille !! C’est vrai ? Tu le fais où ? Je suis sûre que tu vas y prendre beaucoup de plaisir 🤗

      Mon ensemble vient de Décathlon, c’est un Domyos. Pas du tout pour le triathlon donc mais je n’avais pas envie d’investir dans une tri fonction sans savoir si j’allais recommencer ! Du coup, brassière / cuissard c’est le bon combo (et si c’est joli, tant mieux !)

      À très vite !

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  3. J’hésite encore entre plusieurs endroits vers chez moi, Vouglans, Gérardmer, Dole…Je n’ai pas encore choisis!
    Ouiiii du coup j’ai croisé ton ensemble chez décathlon, et j’ai craqué pour la version hiver aha, legging + veste.
    A bientôt par ici !

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