Semi-marathonien européen, Zak Adidas Runners Sentier
Courses officielles, Europe, Running, Voyages

Courir à l’étranger, une nouvelle façon de voyager.

Depuis quelques années, courir un semi ou un marathon à Barcelone, Amsterdam ou Berlin est devenu un classique. Nous n’hésitons plus à franchir les frontières pour découvrir de nouvelles villes, de nouveaux paysages, et assouvir notre passion et notre soif de médaille toujours plus originale. A côté, s’inscrire à une course lambda, dans un village perdu de province ou d’Île-de-France semble être réservé aux outsiders.

Courir à l’étranger, une nouvelle mode ?

Que ce soit pour être en bonne santé, pour un défi personnel ou pour se défouler, nous serions 16,5 millions de runners en France, dont au moins 2,9 millions à le pratiquer en compétition (selon l’agence Sporlab). L’engouement pour le running n’est donc plus à prouver. Il y a une réelle effervescence autour de ce sport si facile d’accès : il ne suffit que d’un short et d’une (bonne) paire de baskets.

Avec pourtant des centaines de courses au niveau national, la France semble être devenue trop petite pour nous. Qui n’a pas dans son entourage une personne ayant déjà fait une course à l’étranger ? Aujourd’hui, on part même entre amis pour une destination européenne  avec médaille à la clé. De même, les agences spécialisées fleurissent, permettant s’assurer un dossard et de casser sa tirelire pour un moment de gloire sur le mythique marathon de New-York. Les courses, elles-mêmes, surfent sur cette nouvelle vague pour attirer plus de monde. Chacun veut sa part du gâteau, et face à ce phénomène grandissant, on ne peut blâmer quiconque.Marseille-Cassis au départ avec Adidas Runners République

 

Visiter ou courir ?

Promouvoir des sightseeing running tour pourrait se résumer à faire l’apologie des courses à l’étranger. Mais pourtant, visite-t-on vraiment lorsque l’on participe à une course en compétition ? Si l’on vise un chrono, il est peu probable qu’on arrive à apprécier pleinement notre environnement. Pour autant, on peut aussi faire une course en compétition pour le plaisir, l’ambiance et la joie de se retrouver entre runners. Tout dépendra ensuite du parcours de la course ; du bord de mer sublime comme sur le semi-marathon de Barcelone ou la célèbre Marseille-Cassis, à la visite des lieux historiques de la ville comme à Amsterdam, Budapest ou Florence. Le séjour « course à l’étranger » peut se révéler une manière originale de parcourir la ville autrement.

Pour ma part, je garde un souvenir magnifique des paysages vus lors du marathon de Lausanne ; à défaut de voir la ville, nous avons couru le long du lac Léman, vu les vignes de Lavaux, et les villages alentours.

Marathon de Lausanne 2017, Camille Court en Vert

Zak, coureur chez Adidas Runners Sentier, en a fait quant à lui un défi : utiliser la course à pied pour découvrir le plus de villes européennes possible. Avec pas moins de 40 courses prévues en 6 mois, il a déjà parcouru de nombreuses villes, pour le plaisir, mais aussi avec un chrono à la clé : 1h19 sur le semi-marathon de Reykjavik.

Comment t’es venu l’idée de faire un tour d’Europe des semi-marathons ?

Lorsque j’ai commencé à réaliser mon planning running, je ne m’étais concentré uniquement que sur des courses en France, je me suis donc vite retrouvé avec les mois de Juillet / Août sans aucune courses. Puis un soir, sur un run & bike avec une amie (@mathildesmns), on parle de sa prochaine course : le semi-marathon de Dublin !  Ça faisait déjà un mois que je n’avais plus fait de course officielle, et je ressentais comme un manque … Puis je ne connaissais pas du tout l’Irlande ! Sur un coup de tête, je m’inscris et prends mes billets d’avion à peine une semaine avant la course. C’est à ce moment que je réalise : « Pourquoi ne pas regarder hors de nos frontières pour faire des courses ? ». C’est comme ça qu’est né l’idée de faire des courses en Europe. Et pourquoi sur le format semi-marathon ? Tout simplement parce que je ne me voyais pas faire un déplacement dans un autre pays pour ne courir que 10km.

Semi-marathon de Dublin, Zak Adidas Runners Sentier

Est-ce que tu vois ça comme une façon de faire une visite “express” des grandes villes européennes ?

Auparavant, je n’avais pas eu la chance de beaucoup voyager en Europe, mis à part quelques villes/pays dans le cadre de déplacements professionnels où l’on se retrouve vite dans l’engrenage « train-boulot-hôtel », sans prendre vraiment le temps de visiter. Je n’appellerais donc pas ça un voyage. Mais grâce à mon projet, j’ai pu me rendre dans des destinations sur lesquelles je ne me serais pas attardé pour un weekend. Car effectivement, mes séjours sont « express »,  mais je prends ça comme un premier aperçu, pour voir si je reviendrais dans certaines villes ultérieurement. Puis, en participant parfois des « petites » courses, moins populaire, ça m’a poussé à aller dans des endroits un peu plus éloigné ou atypique que le centre ville, comme lorsque j’ai couru dans la forêt de Wimbledon  à Londres ou à l’Hippodrome de Boitsfort à Bruxelles. Ce sont des lieux moins touristiques et plus mémorables pour moi.

Penses-tu que tu profites vraiment des villes dans lesquelles tu cours ?

Tout dépend de ce que j’ai prévu sur le weekend, généralement j’essaie de rester au moins deux jours, mais j’ai un planning de courses très chargé (40 courses en 6 mois), donc par moment j’ai 2 courses par weekend et pas plus d’une journée sur place. Parfois c’est frustrant de se dire que j’ai fait 12 heures de bus (réduction des dépenses oblige, je me déplace souvent en bus), pour ne rester que quelques heures dans le pays. Mais ça me pousse aussi à être attentif à tout ; je ne prends pas beaucoup de photo, mais je remplis mon cerveau de belles images durant ces moments. Puis c’est un autre moyen de visiter les villes, beaucoup ont des bouquins ou guide, moi je visite au travers des semi marathons ! Avant, je courais beaucoup en regardant mes pieds, mais maintenant, lorsque je cours dans un autre pays, je lève la tête et je fais beaucoup plus attention aux paysages, aux gens, aux rues, aux habitations, etc …

Lorsque certains ramènent des figurines des monuments en souvenir, toi tu ramènes donc des médailles. Sont-elles plus un trophée de ta performance ou un souvenir de la ville visitée ?

Pour chaque médaille il y a une histoire, pas seulement un souvenir de la course, (même si bien sur derrière certaines il y à un chrono ou une performance). Par exemple, quand je regarde ma médaille du semi de Reykjavik, avant de penser à mon RP (record personnel, ndlr.), je me dis surtout que je suis allé en Islande, chose que je n’aurais pas cru possible il y a encore quelques mois. Pareil pour Oslo ou Copenhague ! Je ne m’étais pas vraiment intéressé à ces villes auparavant et les médailles me rappellent que j’ai pu y aller et voir un peu ces pays nordiques, même si je n’y suis pas resté longtemps. Je ne vois pas mes médailles comme de simples bibelots de course, elles symbolisent un projet, mais aussi des voyages que je ne suis pas prêt d’oublier.

Semi-marathon de Amsterdam (Pays-Bas), Zak Adidas Runners Sentier

Et après ce tour d’Europe, est-ce qu’il y a d’autres courses que tu aimerais faire dans le monde ?

Pour l’instant je n’y ai pas vraiment pensé. Dans moins de 2 semaines, je ferais le marathon de Valence … où  j’espère pouvoir faire un super chrono qui me permettrait de m’inscrire au marathon de Boston pour l’an prochain. Je rêve aussi d’aller à Tokyo, j’adore le Japon et si je peux y faire une course ça serait exceptionnel. Sinon, je sais maintenant que ma perception des vacances à quelque peu changer ; je pense qu’avant de choisir une destination, je vérifierai s’il n’y pas une course à faire sur place, afin d’allier plaisir et sport.

Et qui sait, pourquoi ne pas, demain, faire un marathon dans chaque continent.

Semi-marathonien européen, Zak Adidas Runners Sentier
Crédit photo : Anthony de eat-and-run.fr

Le tourisme sportif, un tourisme irresponsable ?

Parcourir le monde autrement, c’est le leitmotiv de Visit&Run. Les courses à l’étranger font donc partis de cette vision de mode de vie. Mais, faut-il le faire au dépend de l’environnement ? Pour les destinations européennes, ce sont souvent des séjours courts qui sont préférés. Ce sont aussi les destinations les plus accessibles, et donc les plus plébiscitées. Cependant, les courts séjours peuvent s’avérer très polluants, avec une empreinte carbone plus ou moins élevée selon le mode de transport utilisé. Outre le coût économique du transport, le coût environnemental de celui-ci devrait être aussi mis en avant. Pour rappel, le train, le bus et le covoiturage sont, dans l’ordre cité, les modes de transports les moins polluants, bien loin de l’avion au moins 5 fois plus polluant. Ce n’est donc pas rien d’y penser et de comparer quand c’est possible.

De même, une fois sur place, face à ce business grandissant, il se peut que les organisations se trouvent parfois un peu dépassées. Avec moins de 2 000 coureurs sur certaines courses, on est très loin des organisations perfectionnées du marathon de Paris. Et aussi bête que cela puisse paraître, on peut venir à manquer de … poubelles ! Outre les tirs ratés dans le feu de l’action, qui fera tomber votre gobelet à côté de la poubelle, il n’est pas rare de voir gobelets et gels vidés gisants au beau milieu du parcours. Ces déchets, propices aux glissades, ne se dégraderont pas tout seul sur le goudron (ni dans l’herbe). Bien qu’en France, nous possédons un service de nettoyage des rues bien cadré, il n’y a pas de raisons pour qu’à l’étranger nous perdions nos bonnes habitudes à mettre dans une petite poche nos gels finis et/ou utiliser les poubelles publiques pour les jeter. La course à l’étranger doit également rester un plaisir pour les locaux.

Semi-marathon et Marathon de Lausanne, au départ

Le tourisme sportif peut être responsable, par des actions simples. Et ce sont ces mêmes actions qui permettront de continuer à …

(Par)courir le monde autrement.

Camille Court en Vert de Visit and Run

3 réflexions au sujet de “Courir à l’étranger, une nouvelle façon de voyager.”

  1. Tout à fait d’accord ! C’est top de participer à certaines courses à l’étranger mais c’est encore mieux si on le fait de manière responsable !

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