Trail du Petit Train
Courses officielles, Running

Le Trail du Petit Train

Samedi dernier, j’ai participé à la nouvelle course du Trail des Passerelles de Monteynard : le trail du Petit Train. Au programme, 28km et 1310m D+, des rails de l’ancien train des mines entre Monteynard et la Mure, des vues imprenables sur le lac de Monteynard et les montagnes alentours. Un nouveau parcours parfait pour en prendre plein la vue, que j’ai partagé avec les 200 autres participants.

Partie pour le format en solo (la course peut aussi se faire en relais de deux), je ne savais pas trop à quoi m’attendre quant au profil de la course. Peu de temps pour y penser, je débarque sur à La Mure, où se tient le retrait des dossards, 10 min avant le dernier bus pour se rendre au départ. Le parking juste à côté de l’arrivée est plein, je commence à paniquer. Puis soudain, un petit bout de trottoir se présente à moi ; j’y fais monter ma petite voiture, tant pis pour le code de la route. La course avant la course commence. Je dois changer de chaussures, de débardeur, je vérifie que j’ai bien mes clés et mon téléphone avec moi, je jette une barre protéiné dans mon sac en guise de déjeuner, avant de courir au retrait des dossards. Devant la file qui y attend encore je comprends que je ne suis pas la seule à arriver à la dernière minute. A demi-rassurée, je serais quand même contente d’atterrir dans le bon bus, signe que je ne devrais plus galérer jusqu’au départ.

Ça commence mal !

Mais c’est un court moment d’accalmie ! Après un pipi sauvage en compagnie de deux inconnus (pas de toilettes sur le départ !), je relace mes chaussures … et c’est le drame ; mon lacet se pète. Impossible de réparer, je tente de serrer comme je peux, dépitée.  Sur le départ, je découvre également les deux côtes qui nous attendent avec Charlotte et Clémence. La chaleur est accablante, et tous les coureurs sont planqués à l’ombre des buissons. Nous attendons sagement le départ, pour nous ranger derrière le départ seulement quelques minutes avant celui-ci.

Trail du Petit Train

Trail du Petit Train

Le départ du Trail du Petit Train à Monteynard

Avec Clémence, nous nous partons dans la masse, tranquillement pour se mettre en jambes. Nous n’accélérons même pas dans la première descente ; on en profite plutôt pour papoter tranquillement. Nous sommes vite rattraper par la première côte, que nous commençons ensemble … mais je distance petit à petit Clémence. Je me sens étonnamment bien malgré la chaleur, et je décide de prendre un bon rythme, tout en essayant d’en garder sous le pied pour la suite.

Trail du Petit Train
Avec Clémence au départ du Trail du Petit Train

Je gambade donc pendant les 9 premiers kilomètres, avec le sourire, les tunnels, la vue sublime sur le lac d’un bleu incroyable. Les premiers rails sont sur un belvédère dont le panorama couple le souffle. Nombreux sont les coureurs qui s’arrêtent quelques secondes pour prendre en photo le paysage. J’en fais de même, très rapidement, et puis je repars. Je commence à parler avec les coureurs qui m’entourent, je me sens vraiment bien ! Tellement bien, que je vais un peu trop vite dans un pierrier où  je glisse et chute. Nouvelles décorations sur les jambes, je me relève sans trop de mal et repars en courant et avec le sourire. Quelques centaines de mètres plus loin, au premier point d’eau, il fait déjà bien soif, et j’en profite pour m’avaler 4/5 verres d’eau et m’asperger les mollets. Je repars dans une portion descente et goudronnée, parfait pour me détendre les jambes avant de retourner dans les sentiers, tout en continuant de papoter à droite à gauche.

Trail du Petit Train

Puis soudain, le mur. L’escalade. Le passage de sanglier à remonter. Tout doucement, nous nous suivons en file indienne, lente progression vers le sommet. La pente est raide, et on s’aide des mains pour avancer. Je vois quelques coureurs arrêtés sur les côtés, pour prendre une pause dans cette ascension en plein cagnard. J’hésite à faire pareil, mon cardio est monté en flèche … mais je me figure mon père qui me tire toujours dans les montées  (cf. Trail de la Vésubie), et je continue. Lentement mais sûrement, je me répète qu’on va plus vite en marchant qu’en s’arrêtant.

Un long passage à vide

Et cette phrase, je continuerais de me la répéter quelques kilomètres plus loin, quand une fois à l’ombre, je serais prise de frissons. L’œil hagard, le pas hasardeux, je souffre, j’ai envie de pleurer d’épuisement. Mais je lutte, je lutte pour avancer. Je lutte pour ne pas faire durer mes pauses. Je m’oblige à boire, et j’essaie de manger, mais je sens bien que mon estomac fait des siennes. Petit à petit, j’avance, en me faisant doubler à tour de bras. Je zigzague dans ces chemins qui sillonnent à travers les arbres, avec un seul objectif en tête : le ravito du 16ème kilomètre. Intérieurement, je sais que si je continue à être aussi faible, je devrais m’arrêter par sécurité. Mais je suis venue pour profiter de ce trail, sans objectifs de temps. Alors je bois, encore et encore.

Au 15ème kilomètre, j’ai un regain d’énergie inattendu. Un petit bonheur qui me permettra de me relancer après le ravitaillement de milieu de course et un coucou à Clémence qui finit son premier relais. Cependant, je reprendrais sur un rythme plus lent. Je n’ai plus l’énergie du début de course, je me sens plus vidée que sur le trail de la Sainte-Victoire. Je continue pourtant avec le sourire, en prenant mon temps, en marchant dans les pentes un peu trop raides, en courant sans trop lâcher les chevaux dans les descentes.

La seconde partie du trail

Peu de temps après le ravitaillement, nous entrons dans un tunnel long de 900m, à peine éclairé. Un havre de fraîcheur qui me permet de recourir tranquillement. Les chemins s’enchaînent en sous-bois et au bord des rails par moment, et je suis le chemin sans me poser trop de questions. Les coureurs sont bien éparpillés le long de la course, mais je ne suis jamais longtemps seule. Je rattrape ou me fait rattraper, chassé-croisé habituel des coureurs en trail selon les qualités de chacuns. Les paysages sont toujours aussi agréable, et la course défile tranquillement. Plus de frissons, aucunes douleurs, on est bon.

Au 22ème  kilomètre, nous arrivons à trois sur le dernier point d’eau. J’asperge une dernière fois mes mollets, et me laisse distancer par les deux autres dans la montée de 400m « puis 4km de plat » dixit le bénévole. Plat plutôt montant voir mural à mon goût, mais je décide d’y aller tranquillement. J’arrête de regarder ma montre et j’appelle mes parents en FaceTime pour leur donner quelques nouvelles et reprendre un peu de courage. Je ne suis pas dans mes temps habituels et je sais que ça peut inquiéter mes proches.

Quand la fin est proche …

Les derniers kilomètres seront les plus longs. Je suis épuisée. Il reste des montées qui me semblent interminables. Nous avons même droit à un petit passage à la corde, dont je ressors avec des crampes d’estomac et une envie de dégueuler. Bonheur, joie, où est la fin !? J’attends la descente avec impatience, pour pouvoir dérouler les jambes, mais quand elle arrive, abrupte, elle me fait comprendre mon état de fatigue. Je ralentis pour ne pas voler quelques mètres plus bas, et je suis bientôt rejointe par Nathalie. Nous souffrons en silence, à deux. On se parle un peu ; fatigue et kilomètres restants sont nos sujets principaux. Un soutien s’instaure et se renforce quand nous arrivons à hauteur de Christophe, fatigué lui aussi. Je le sais déjà, nous finirons tous les trois ensembles.

Quand nous arrivons enfin au village, la torture continue avec de petites côtes et des détours par des escaliers et pentes en gravier. Nous râlons à l’unisson, et guettons l’arrivée avec impatience. Avec Christophe, que j’encourage autant pour lui que pour moi, nous avons pris quelques mètres d’avance sur Nathalie. Mais quand on atteint les barrières du couloir d’arrivée, nous nous arrêtons pour l’attendre : cette course nous la finirons main dans la main.

 

Et nous voilà, à lever les bras en signe de victoire. La victoire d’être allé puiser dans nos dernières forces physiques et mentales pour finir cette course. Une complicité de quelques kilomètres qui est la nature même des trails. Simplicité, sourires et beaux paysages, le trail du Petit Train est définitivement un trail à faire pour …

(Par)courir le monde autrement !

Camille CourtenVert de Visit and Run

1 réflexion au sujet de “Le Trail du Petit Train”

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